Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer

Lettres ouvertes

« Théorie de la sérotonine » démentie par la recherche : l’ACOPAV demande aux autorités sanitaires de se mettre à jour

ACOPAV
Association pour le contrôle des psychotropes et l’aide aux victimes
acopav.com

Le 2 Août 2022

À l’attention de Monsieur le Ministre de la Santé, François Braun

Objet : demande de mise à jour urgente d’informations émanant du ministère de la Santé et à destination du public

Monsieur le Ministre,

Désireuse de préserver la santé publique, l’Acopav sollicite de votre part la mise à jour urgente d’informations médicales dispensées au grand public par les supports de votre ministère, informations dont une méta-étude récente confirme qu’elles sont erronées.

En effet, une revue de la littérature scientifique, publiée dans le journal Nature par la Pre Joanna Moncrieff et le Dr Mark Horowitz [1] examine les travaux de recherche existants et confirme que la dépression n’est aucunement liée à un déséquilibre de la sérotonine. La “théorie de la sérotonine” se trouve donc, une fois de plus, invalidée. En effet, d’éminents chercheurs en psychiatrie et en pharmacologie, dont nous tenons les travaux à votre disposition, considéraient déjà cette hypothèse comme très simpliste et scientifiquement indéfendable. Pour eux, il s’agit plutôt d’une “théorie marketing”, permettant d’établir une analogie trompeuse avec le diabète (“votre cerveau manque de sérotonine comme un diabétique manque d’insuline”). Cette analogie est séduisante et elle a été très largement diffusée lors du lancement des antidépresseurs dits ISRS et IRSNa (1), à la fin des années 1980. Ces médicaments étaient censés corriger un prétendu déficit de sérotonine dans le cerveau.

Mais de nombreuses études, que nous tenons également à votre disposition, ont démontré que ces antidépresseurs ISRS et IRSNa, aujourd’hui prescrits en première intention dans la plupart des dépressions, comportent des effets indésirables parfois fatals (notamment une induction de pensées suicidaires), souvent très invalidants et parfois irréversibles. Alors que leur efficacité n’est cliniquement pas supérieure à celle d’un placebo. Là encore, nous tenons toutes les références à votre disposition.

La science repose sur le débat et la confrontation d’idées ; la publication de Moncrieff et Horowitz a été critiquée par d’autres médecins et experts. Les deux auteurs ont répondu à ces critiques [2] sur un site consacré à la psychiatrie.

___________
1 Inhibiteurs “sélectifs” de la recapture de la sérotonine / Inhibiteurs “sélectifs” de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline

Malheureusement, la pseudo-information selon laquelle la dépression découle d’un manque de sérotonine s’est répandue parmi les soignants, parmi le grand public et au sein des médias. Il nous semblerait donc capital que le Ministère communique sans tarder pour diffuser les résultats de Moncrieff et Horowitz. La pseudo-théorie de la sérotonine et du déséquilibre des neurotransmetteurs se retrouve dans d’innombrables supports, mais citons notamment la brochure en ligne La dépression. En savoir plus pour en sortir [3] en page 22 :

<<
LES FACTEURS BIOLOGIQUES
La survenue des symptômes de la dépression est liée à uneperturbation du fonctionnement cérébral. C’est bien le fonctionnement du cerveau qui est atteint, non sa structure. Cette distinction est importante car elle permet de bien comprendre que cette maladie peut être réversible.
Ce dysfonctionnement du cerveau se traduit notamment par des anomalies dans la fabrication, la transmission et la régulation de certaines substances chimiques : les neuromédiateurs (également appelés neurotransmetteurs).
Il est difficile de savoir à l’heure actuelle si ces anomalies sont la cause initiale ou bien la conséquence de la dépression. Quoi qu’il en soit, leur correction et la restauration du bon fonctionnement des neuromédiateurs sont indispensables. C’est la principale fonction des médicaments antidépresseurs. On sait aujourd’hui que la psychothérapie entraîne elle aussi ce type d’amélioration biologique si le dérèglement initial est modéré.
>>

L’Acopav vous saurait gré de prendre les dispositions nécessaires afin que les mentions reprises ci-dessous soient retirées, et que toutes mentions similaires publiées par vos services soient également modifiées.

Nous sommes à la disposition de vos services pour évoquer ces questions. Nous vous prions, Monsieur le Ministre, d’agréer l’expression de nos respectueuses salutations.

Pour l’ACOPAV, le président, Luc Perino

Références:

[1] Moncrieff, J., Cooper, R.E., Stockmann, T. et al. The serotonin theory of depression: a systematic umbrella review of the evidence. Mol Psychiatry (2022). https://doi.org/10.1038/s41380-02201661-0

[2] https://www.madinamerica.com/2022/07/response-criticism-serotonin-paper/

[3] La dépression. En savoir plus pour en sortir.
Publication de l’Institut National de la Prévention et de l’Éducation pour la Santé (INPES)
Auteurs:
Dr Xavier BRIFFAULT, chercheur en sociologie de la santé mentale, Cesames, CNRS
Aude CARIA, psychologue, responsable de la Maison des usagers, CHU Sainte-Anne, Paris Claude FINKELSTEIN, présidente de la Fédération Nationale des Associations d’usagers en PSYchiatrie (FNAPPSY), Paris
Dr Alain HERIQUE, médecin conseil, CNAMTS, Service médical du Nord-Est
Dr Philippe NUSS, psychiatre, service de psychiatrie, CHU Saint-Antoine, Paris
Pr Jean-Louis TERRA, psychiatre – professeur d’Université, Université Claude Bernard – Lyon I
Stéphanie WOOLEY, présidente d’honneur de l’association France-Dépression
https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/guide- 8.pdf